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"Le Chamanisme est un ensemble de pratiques développées pendant des millénaires pour communiquer avec les esprits de l’Univers.
Le point commun à ces pratiques, c’est qu’elles permettent d’atteindre un état modifié de conscience dans le but de nous relier aux esprits qui exerceront leur médecine de l’âme.
Les techniques utilisées pour atteindre cet état modifié de conscience varient. Selon l’environnement naturel et culturel dans lequel on évolue, on utilisera le son; battement du tambour, hochet, chants, ou alors des plantes de pouvoir en diète.
L’intention du voyage chamanique qui en résulte est de rencontrer son animal de pouvoir et de recouvrer les forces nécessaires pour se soigner, pour survivre aux nombreux défis que la vie nous lance.
Le chaman, mot d’origine sibérienne maintenant utilisé dans d’autres cultures, est la personne qui fait office d’intermédiaire suprême avec les esprits, justement parce qu’elle a été désignée par les esprits, a accepté de se mettre à leur service et de leurs consacrer sa vie, au risque de la perdre si elle refuse.
Le terme praticien chamanique est davantage utilisé en occident. Pratiquer le chamanisme au quotidien par de simples rituels (fumigations, diètes, travail au tambour) nous permet de nous reconnecter au vivant, aux plantes, aux minéraux, aux éléments qui nous supportent et nous englobent.
Chamans, praticiens ou pratiquants, le but est d’avancer en harmonie sur un sentier de la vie qui nous ramènera chez nous." L'Univers du Chaman

Ulla Straessle, membre de la faculté FSS :

Le chamanisme est avant tout une manière de vivre en harmonie avec la nature 

Le chamanisme est la plus ancienne méthode permettant d'utiliser les états de conscience modifiés pour trouver des solutions à des problèmes et pour soigner. Les chamans furent les premiers guérisseurs; ils étaient tout à la fois conseillers spirituels, sages et visionnaires. Les éthnologues ont découvert des peintures rupestres attestant qu'il y avait déjà des chamans il y a trente mille ans. Le chamanisme traditionnel a survécu jusqu'à aujourd'hui dans des régions d'Amérique, d'Afrique, d'Australie, d'Europe du nord et de Sibérie restées à l'écart de la civilisation. 

Aujourd'hui, le chamanisme connaît une renaissance dans le monde occidental. De plus en plus de gens, en quête de racines perdues, de nouvelles méthodes de guérison ou d'un sens à donner à leur vie, se tournent vers le savoir ancien des chamans. Confrontés à l'isolement, à la poursuite parfois exagérée de la réussite et de la richesse, et à d'autres maux de la civilisation, beaucoup trouvent dans le chamanisme, notamment dans son lien étroit avec la nature et sa vision du monde, un réconfort qui leur permet de mieux vivre et de trouver leur équilibre. 

L'expression "chaman" vient de Sibérie et désigne une personne qui agit en tant que guérisseur et guide spirituel. Sa technique  principale consiste à se lier avec les énergies de l'Univers à travers des méthodes de méditation ou de transe connues sous le nom de "voyage chamanique". Cet état de conscience modifié permet de contacter l'invisible, l'essence spirituelle. Des rituels aident à bien intégrer dans notre réalité de tous les jours l'énergie ainsi contactée .


Il est important de préciser que le travail chamanique moderne n'est pas simplement une imitation des rituels excercés par des chamans descendant des peuples autochtones des différentes régions où ces traditions ancestrales sont encore vivantes.

En d'autres termes, il ne s'agit pas de "jouer à l'indien" ou de prétendre être l'héritier d'un grand chaman sibérien. Le chamanisme vit en nous tous, il fait partie de notre héritage culturel. Mais ce dernier englobe également des millénaires de civilisation occidentale et notre conscient en est profondément marqué. Nous ne pouvons donc pas nous référer uniquement aux sagesses des temps ancestraux, notre façon de pratiquer les techniques chamaniques englobera aussi notre expérience de vie et de notre propre culture.
Pour marquer cette différence et par respect pour les chamans descendant des peuples autochtones, les personnes pratiquant les techniques chamaniques dans notre civilisation moderne se nomment praticiens chamaniques plutôt que chamans. 

Le praticien chamanique effectue son travail rituel dans les domaines tel que le Recouvrement de la force et de l'énergie, Recherche de réponses, Extractions, Recouvrement d'âme.
Le travail chamanique n’est pas facile à expliquer car il favorise le contact avec les énergies invisibles, qui par définition ne se traduisent pas en mots.


Se laisser toucher par l’invisible

Et si je pouvais devenir un arbre, me transformer en un animal, me laisser porter par le vent … S’il y avait vraiment des elfes, des petits lutins et si la forêt était magique, toute la nature animée… imaginez ! Les contes de fées, ce ne sont pas juste des histoires. Ce sont des rêves, c’est la vie dans une autre dimension. C’est au niveau du rêve que les choses se créent. C’est l’Univers qui rêve – et nous rêvons l’Univers…

Dans nos séminaires de chamanisme en Suisse romande, nous nous approchons de ces dimensions et nous les vivons dans ce qu’on appelle des états de conscience modifiés. L’état de conscience modifié nous permet de lâcher notre égo, de nous oublier, de devenir un esprit qui prend sa place parmi les autres esprits. Dans les forêts du Jura vaudois, nous communiquons avec les sapins, nous parlons avec les pierres… et peu à peu nous nous trouvons dans un espace magique qui nous remplit le cœur.

Les séminaires de deux à trois jours réunissent des gens de tous horizons. Dans un séminaire de base, une vingtaine de personnes se rencontrent pour apprendre des techniques chamaniques. Ils viennent de pays différents, ces hommes et ces femmes de tout âge. Quarante-huit heures plus tard, ils rentrent chez eux, transformés, reliés par un sentiment d’amitié que beaucoup d’entre eux n’ont pas ou peu connu auparavant.

Les techniques que nous apprenons à utiliser lors de ces cours nous aident, bien sûr. Mais la richesse que nous ramenons à la maison, ce ne sont pas les techniques. C’est ce contact mystique, invisible, que chaque personne vit, à sa façon, à travers les techniques présentées. En tant qu’animatrice des cours, j’ai peu de choses à dire. L’enseignement vient d’ailleurs, il nous prend, il nous touche profondément et il nous portera dans nos vies.

Dans la vision chamanique, tout est animé, tout a une vie, un esprit. C’est cet esprit qu’il faut contacter pour communiquer. Les enfants connaissent cela tout naturellement. Dans leurs livres d’images, les arbres ont un visage, les animaux parlent. On ne leur dit pas que cela n’existe pas. Mais plus tard, quand nous nous efforçons de devenir « raisonnables », nous nous interdisons de considérer l’invisible. Pourtant, il nous touche tous les jours : nous avons des intuitions, des émotions. Parfois, nous nous sentons bien, en harmonie avec notre entourage. A d’autres moments, nous avons l’impression que plus rien ne va.

L’harmonie se perd. Souvent, nous cherchons alors la cause de notre mal être dans notre passé. Cela peut être intéressant, mais à quoi bon ? Ce n’est pas la compréhension des choses qui nous guérit. Nous sommes en manque de force et c’est en retrouvant cette énergie que l’équilibre peut se réinstaller.

Dans d’autres cas de déséquilibre, il se trouve que nous portons avec nous des énergies qui ne nous appartiennent pas ; c’est en les libérant que l’ordre intérieur peut se refaire. Toutes les techniques chamaniques ont pour but de créer l’harmonie, l’équilibre. C’est tout.

Quel est alors le travail du chaman ? Il communique avec l’invisible, il enlève ce qui pèse, ce qui ne fait pas partie de la personne qui souffre, c’est ce qu’on appelle dans les pratiques chamaniques une « extraction ».

Le chaman cherche aussi à trouver l’énergie vitale de la personne. Quand nous passons des moments difficiles dans la vie, il arrive qu’une partie de nous, de notre âme, se réfugie dans la dimension du rêve pour rester saine et pour réintégrer le corps plus tard. Mais, parfois, une partie reste perdue et la personne concernée ressent des difficultés à continuer à bien vivre, elle est affaiblie, a perdu sa joie, « n’est plus la même » – comme on entend souvent les gens décrire cet état d’âme. Le chaman s’occupe alors de faire un « recouvrement d’âme », souvent après beaucoup d’années de souffrance de la personne. C’est peut-être la partie la plus belle dans le travail chamanique : pouvoir observer le retour de l’énergie de l’âme, ce qui permet à la personne de vivre des changements magnifiques et de retrouver un état de bien-être inattendu.

Le chaman est là pour permettre la rencontre avec l’invisible et c’est cette rencontre qui guérit, qui transforme.

Le chaman se trouve entre le monde visible et le monde invisible, il y devient le pont qui permet aux gens d’accéder à des forces insoupçonnées, illimités. Dans ce sens, il est aussi un spécialiste de la mort. Il accompagne les mourants, les personnes en deuil et les morts. Dans ce domaine, son travail me paraît particulièrement important. Peu de gens s’occupent des êtres qui sont partis, de leur âme qui souvent reste en partie attachée dans notre monde à nous. On appelle ce travail d’accompagnement des morts psychopompos, il peut aider les personnes en deuil, mais aussi rendre l’harmonie à des lieux qui semblent chargés de souvenirs pesants.

Comment devient-on chaman ? Dans les traditions autochtones, le chaman en devenir passe souvent par une initiation. Cette initiation peut se faire en traversant une grande souffrance, en frôlant la mort. Si la personne meurt, cela peut, dans la vision chamanique, constituer une forme de guérison. Si elle continue à vivre, sa vie se trouve modifiée et elle a la possibilité d’utiliser la force acquise dans l’épreuve pour le travail chamanique. Mais finalement, c’est la communauté qui désigne la personne comme chaman.

Dans notre vie occidentale, nous ne vivons plus vraiment en communauté. Chacun vit sa vie, sa souffrance. Chacun cherche son chaman – et il peut tout à fait le trouver en lui-même, dans l’harmonie avec la nature, dans ses rêves, remplis des richesses des mondes invisibles.

Il pourra ainsi lâcher ses peurs, son agressivité et retrouver sa confiance, sa force, son sourire – et sa joie de vivre.


Porter Shimer :

Tom Cowan, l’auteur de Shamanism as a Spiritual Practice for Everyday Life, croit quant à lui que tout le monde a les capacités d’accéder au monde des esprits en vue d’améliorer sa santé. Selon lui, ce qu’il appelle le chamanisme « pur » peut être intégré à la vie quotidienne actuelle, tout comme on le fait avec d’autres pratiques comme le yoga, la méditation ou la prière. Le chamanisme n’entre pas en conflit avec d’autres croyances religieuses. En fait, selon Tom Cowan toujours, il peut renforcer ces croyances. Le chamanisme enseigne tout simplement à faire l’expérience de niveaux plus élevés de l’existence et nous donne des moyens pour mieux vivre avec les niveaux de conscience moins élevés de la réalité. Lire la suite : >>>




Qu'est-ce que la FSS ? 




Fondée par Michael Harner, anthropologue de renommée internationale, la Foundation for Shamanic Studies (FSS) s’est donné une triple mission : étudier, enseigner et préserver le chamanisme. Elle dispense un enseignement rigoureux, sans références culturelles spécifiques et qui s’adresse donc à tout un chacun. Plus de 5000 personnes suivent chaque année les quelque 200 formations qu’elle organise en Amérique du nord, en Europe et en Amérique latine.

Michael Harner est reconnu comme un pionnier du chamanisme depuis le début des années 1960, époque à laquelle il décida de s’immerger dans les traditions spirituelles tribales plutôt que de restreindre ses recherches à des techniques plus académiques.

Représentation en Suisse romande : Ulla Straessle et Laurent Huguelit


ChamanismeS - Le Journal francophone de la FSS :


 

chamanismes_1.pdf
  Numéro 1 hiver 2008/2009 - 1.5 Mo


chamanismes_2.pdf
  Numéro 2 été/automne 2009 - 1.4 Mo


 

chamanismes_3.pdf
   Numéro 3 printemps 2010 - 4.0 Mo

 

Nouvelle et première revue francophone  :

HOZHO
Chamanismes et Médecines de la Terre


www.hozho.ch